Tchantchès & Nanesse

Cuisine gastronomique régionale, dans un cadre authentique du XVIe siècle

La confrérie de la Bière Tchantches

Cette confrérie a été fondée en 1969 par MM. H. Ducroux, G. Lurson, R. Coune, M.Moniquet et J. Patinet.

   

Cette confrérie peut être considérée comme l'une des dernières, sinon la dernière héritière du folklore liégeois d'Outremeuse.  Elle a pour but de faire renaître ce folklore et de le porter vers des horizons de plus en plus larges.

Assez paradoxalement, le président- fondateur du groupe n'est pas un Liégeois mais un homme de Walcourt, cité qui possède le groupe de Marcheurs d'Empire le plus important de l' Entre-Sambre-et-Meuse.

Homme d'art et de folklore, M Ducroux ouvrit à Liège le café "As Tchantchès", monument classé du XVe siècle situé rue Grande Bêche en Outremeuse.  C'est lui qui, à la suite d'une gageure, eut l'idée de créer un char illustrant le passé de Tchantchès, symbole de l'esprit frondeur liégeois et dont la légende rapporte qu'il naquit entre deux pavés d'Outremeuse avant de devenir le fidèle compagnon de Charlemagne, l'empereur de Herstal, après avoir fait sa rencontre dans un estaminet du quartier.

La confrérie de la bière Tchantchès prenait donc naissance le 15 août 1969 lors des festivités de la république d'Outremeuse et montrait un char où siégeait Charlemagne.

Le succès de cette première apparition détermina les initiateurs à poursuivre leur effort.  En décembre de la même année, ils présentaient un nouveau char au musée Tchantchès, et, depuis, ils n'ont cessé d'étoffer leur groupe de nouvelles attractions. 

A côté de Tchantchès et Charlemagne, on vit bientôt apparaître Nanesse et les quatre fils Aymont, suivis par les chevaliers dont Olivier et Roland.  Après les marchands de "cûtes peûres", de fleurs et de "boûquètes", on créa un groupe de danse.

Dansant initialement des farandoles improvisées, le groupe suivit des cours de danse et réalise à présent un répertoire au sein duquel nous trouvons la maclote, le "tchèron", et le "tchèssî l' Allemand".  De nos jours, la confrérie se compose de plus de 90 membres.

Après des débuts particulièrement difficiles et grâce au dévouement des dirigeants, les Tchantchès ont reçu nombre d'offres et de contrats. Après des apparitions à Visé, Alleur et Ougrée en 1970, à Outremeuse en 1971, ils eurent le plaisir de se produire aux Fêtes Ardennaises de Stavelot, séjours qui les marqua par la sympathie du public et par la faculté des Stavelotains à chanter en Wallon.

Depuis, ce fût le cortège des Neuf Provinces à Blankenberghe, la fête du vin à Harzée et les Fêtes de Wallonie en septembre dernier. Au rayon des projets , ils citent Waremme et , déjà, un contrat probable avec la ville Française de Saumur.  Petit Tchantchès est donc en voie de devenir grand.

A l' égal des Blancs Moussis, les Tchantchès ont leur intronisation annuelle qui se pratique sous forme de test à passer.  On demande aux candidats de boire un litre de bière brune Tchantchès dans la pinte à deux anses, de manger quatre tartines de pain blanc garni de macaie et de cassonade et quatre tartines de pain gris garni de macaie aux radis et aux fines herbes, le tout en  dix minutes.  Cela se passe au café Tchantchès. Les candidats sont vêtus du sarrau, du foulard et de la casquette de soie noire, et doivent au préalable se rincer les doigts dans du pêkêt.

La cérémonie se clôture ensuite par le discourt de Charlemagne remettant le diplôme aux élus.  Parmi les intronisés, citons MM. Cools, Destenay et les principales personnalités politiques liégeoises, MM. Laboureur, Prades, Steeman de la RTBF, les ministres de la république d'Outremeuse, et le chanteur Wallon Emile Lambert.

Autant de signes de réussite, et pourtant, cela ne va pas sans difficultés car les revenus sont minces et les dépenses importantes.  Il faut payer les "bouquêtes", les "cûtes peûres", les cours de danse, la réalisation des chars, les danseurs, et surtout, les costumes (un habit de chevalier se compose de bottes, d'une jupe, d'une blouse, d'une cape, d'un casque, d'une cuirasse et d'une épée!).

Outre sur ce que rapporte la vente des auto-collants et la générosité de M. Ducroux, la Confrérie ne peut compter que sur l'argent des contrats qu'on lui propose et qu'elle doit parfois refuser en raison du prix du transport du matériel.

De ce rapide portrait, il ressort une volonté remarquable et un désintéressement tel que nous ne pouvons que souhaiter au Tchantchès un succès à l'image de leur mérite.  Quant à nous, c'est avec plaisir que nous les reverrions à Stavelot.

Michel Moxhet - André Renard

Le Patron et la Patronne vous disent:
"A vos's santé... à deûs mains".

 

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